🧅 Tor en clair

Comprendre le « dark web », y aller en sécurité, et visiter ce qui vaut le détour.

C'est quoi, en 30 secondes

Le « dark web », ce n'est pas un lieu. C'est une façon de se connecter.

Sur le web normal, ton téléphone parle directement au site : le site voit ton adresse, ton opérateur voit quel site tu visites.

Avec Tor, ta connexion rebondit sur 3 ordinateurs au hasard dans le monde, chacun chiffré en couches (d'où l'oignon 🧅). Résultat : le site ne sait pas qui tu es, et ton opérateur ne sait pas quel site tu visites. Personne n'a l'image complète.

Les adresses qui finissent en .onion sont des sites qui n'existent que dans ce réseau. Ils sont invisibles depuis Safari ou Chrome — il faut le navigateur Tor.

Est-ce que c'est légal ?

Oui. Utiliser Tor est parfaitement légal à Monaco, en France, et dans la quasi-totalité des pays. Ce n'est pas un logiciel de pirate : il est financé entre autres par des fondations et des universités, et il est utilisé tous les jours par des journalistes, des médecins, des ONG.

Ce qui reste illégal, c'est ce qui est illégal partout ailleurs : acheter de la drogue, des données volées, des armes, ou consulter des contenus criminels. Le réseau ne change rien à la loi — et contrairement à la légende, on s'y fait attraper régulièrement.

Qui s'en sert, pour de vrai

QuiPourquoi
JournalistesRecevoir des documents d'une source sans l'exposer (Le Monde, BBC, NYT ont tous une adresse .onion)
Habitants de pays censurésLire la presse quand elle est bloquée (Iran, Russie, Chine)
Victimes de violencesChercher de l'aide sans laisser de trace dans l'historique familial
Chercheurs, ONGTravailler sans être pistés
Gens ordinairesNe pas être suivi par la publicité. C'est tout.

Les 4 idées fausses

« C'est 90 % du web. » Faux. Le réseau Tor compte quelques dizaines de milliers de sites actifs — le web normal en compte des centaines de millions. C'est un village, pas un continent.

« On se fait pirater rien qu'en regardant. » Faux. Regarder une page ne pirate pas ton téléphone. Ce qui pirate, c'est télécharger un fichier, installer quelque chose, ou taper ses informations. Voir la partie Sécurité.

« On est anonyme, donc invulnérable. » Faux. Tor cache d'où tu viens. Si tu te connectes à ton compte Gmail dedans, tu viens de dire qui tu es.

« Il n'y a que des trucs illégaux. » Faux, mais il y en a. D'où cet outil : je t'ai mis les endroits qui valent le détour, pas un annuaire du pire.

Ce que cet outil ne contient pas

Tu m'avais demandé « un catalogue de tous les sites, connus et inconnus ». Je ne l'ai volontairement pas fait, et voilà pourquoi, honnêtement :

  • Un annuaire exhaustif, c'est d'abord un annuaire de marchés illégaux. Je ne construis pas ça.
  • C'est aussi là que se trouvent presque toutes les arnaques : faux sites, pièges à curieux, rançons. Tu ne perds rien d'utile, tu évites le risque.
  • Ces annuaires (type « hidden wiki ») sont pour la plupart eux-mêmes des pièges : les adresses y sont remplacées par des copies frauduleuses.

Si un jour tu veux explorer au-delà de cette liste : passe par le moteur de recherche Ahmia (dans le catalogue), qui filtre les contenus criminels. C'est la bonne porte.

Y aller depuis ton iPhone

Gratuit, 5 minutes, rien à configurer.

1
Installe Onion Browser (gratuit, c'est le navigateur Tor officiellement recommandé sur iPhone). 📲 Ouvrir dans l'App Store
2
Ouvre-le et attends la connexion. Il affiche « Connexion au réseau Tor ». Ça prend 10 à 40 secondes la première fois. C'est normal, c'est plus lent qu'un navigateur classique.
3
Mets la sécurité au maximum. Dans les réglages d'Onion Browser, choisis le niveau « Or » / « Safer » : ça coupe JavaScript, et c'est ce qui te protège vraiment. Certaines pages seront moins jolies — c'est le prix, et il est faible.
4
Reviens ici, copie une adresse dans l'onglet Catalogue (bouton « Copier »), puis colle-la dans Onion Browser. C'est tout.

Depuis un Mac ou un PC

Installe Tor Browser, le navigateur officiel. Il fait tout tout seul.

⬇️ torproject.org/download

Télécharge uniquement depuis torproject.org. Les faux « Tor Browser » distribués ailleurs sont l'arnaque n°1 du domaine : ils marchent, mais ils regardent.

À ne surtout pas faire

Ne passe jamais par un « pont web » .onion — ces sites en .ly, .to, .cab qui promettent d'ouvrir du .onion dans Safari sans rien installer.

Ils fonctionnent, oui : parce qu'ils se mettent au milieu. Ils voient tout ce que tu fais, en clair, avec ton vrai téléphone en face. C'est exactement l'inverse de ce que tu cherches.

Règle simple : si une adresse .onion s'ouvre dans Safari, c'est que quelqu'un est au milieu. Ferme.

Explorer tout le réseau

Ma liste ci-dessous, c'est 20 adresses sûres. Mais tu veux voir tout — et c'est possible : le réseau a un moteur de recherche.

Ahmia indexe le réseau Tor en entier et fonctionne comme Google : tu tapes, il cherche. Il n'enlève qu'une seule chose de son index — les contenus pédocriminels, dont la simple consultation est un crime. Tout le reste, tu le trouveras.

🔎 Prouver l'adresse

La méthode, pour ne pas y laisser des plumes

1. Pars toujours d'un moteur, jamais d'un annuaire trouvé au hasard. Les annuaires communautaires (type « wiki ») existent, tu vas en croiser — mais la plupart ont été repris par des escrocs qui y remplacent les adresses par leurs copies. Je ne t'en donne aucun : ce ne serait pas te rendre service, ce serait te donner une liste de pièges.

2. Juge un site en 10 secondes : est-ce qu'il te demande de l'argent ? de télécharger ? de t'inscrire avec un vrai mail ? → dehors. Est-ce qu'il promet un gain ? → c'est une arnaque, sans exception.

3. Une adresse trouvée quelque part ne vaut rien tant qu'elle n'est pas recoupée à une deuxième source indépendante. C'est la seule parade contre le faux site.

4. Ce que tu vas trouver, honnêtement : beaucoup de pages mortes (les adresses tombent vite), beaucoup d'arnaques pures, des forums, des blogs, des bibliothèques, et des marchés — dont une large part sont soit des escroqueries, soit surveillés. Le « dark web » du cinéma n'existe pas : c'est surtout un village en ruine avec quelques très bons endroits.

Les 3 choses qui ne sont pas négociables

Tu explores ce que tu veux, c'est ton choix et je te donne les moyens de le faire. Trois exceptions, pour ta protection, pas pour la morale :

Les contenus pédocriminels. La consultation seule est un crime, il n'y a pas de zone grise, et c'est le domaine le plus surveillé du réseau. Si tu tombes dessus par accident : ferme, ne télécharge rien, et signale.

Commander une violence. 100 % de ces « services » sont des escroqueries ou des pièges policiers. Il n'y a aucune exception documentée. Zéro.

Acheter quoi que ce soit. Pas un jugement : un calcul. Tu perds ton argent (l'escroquerie à la sortie est la norme), tu exposes un moyen de paiement, et les marchés sont infiltrés depuis des années. Les gens se font attraper à la livraison, pas en ligne.

Vérifier une adresse avant d'y aller

Le piège numéro un du réseau, c'est la fausse adresse : une copie qui commence pareil que la vraie. Colle ici n'importe quelle adresse trouvée ailleurs — je la compare à mon catalogue et je te dis ce qu'elle est. Sans réseau, rien n'est envoyé.

Mes adresses

Quand tu trouves un endroit qui vaut le coup avec le moteur, garde-le ici. Rien n'est enregistré sur ton téléphone : tes adresses vivent le temps de la page — mais si tu fais « Garder hors ligne », elles partent dans ta copie et te suivent pour toujours.

Le catalogue vérifié

Que des services légitimes, chacun avec la preuve de son adresse. Copie, colle dans Onion Browser.

Comment je sais que ces adresses sont les bonnes ?

Chaque fiche a un bouton « Prouver l'adresse » : il ouvre la page du site officiel lui-même (bbc.co.uk, torproject.org, proton.me…) où l'organisation publie son adresse .onion. Compare, et tu es sûr.

Relevées à leurs sources publiques le 15.09.2026. Elles n'ont pas encore été ouvertes pour de vrai : je te donne la source, pas une promesse.

Pour les ouvrir vraiment, en une commande — l'outil est prêt, il lui faut juste un Tor qui tourne sur la machine : ouvre le Tor Browser et laisse-le ouvert, puis lance npm run tor:verif. Il te sort un rapport daté, adresse par adresse (vivante, protégée, ou morte). Je ne peux pas le lancer d'ici : mon environnement m'interdit d'ouvrir un circuit Tor, et le runner qui aurait pu le faire demande un accès que cette session n'a pas. S'il ne trouve aucun Tor, l'outil refuse de répondre plutôt que de te dire à tort que tout est mort. Tant qu'il n'a pas tourné, la règle reste la même : recoupe avec « Prouver l'adresse ».

Ce que cette page laisse comme trace

Aucun blocage, aucun filtre, aucun journal. Tu fais ce que tu veux : cette page ne voit rien de ce que tu fais dans Tor.

Ce qu'elle stocke sur ton téléphone : une seule chose — le dernier onglet ouvert. Rien d'autre. Pas de cookie, pas de mouchard, aucune de tes identités générées.

Ce qu'elle envoie : rien. Elle est verrouillée pour ne parler à aucun serveur — même la balise de suivi que Cloudflare ajoute automatiquement sur les sites est bloquée ici.

Ce qui reste visible, et que je ne peux pas effacer : quand tu ouvres cette page, ton opérateur et l'hébergeur voient que ton téléphone se connecte à tor.kd-mc.com. Pas ce que tu lis, pas ce que tu copies — juste que tu es venu.

Les deux façons d'effacer même ça :

  1. Garde la page hors ligne (bouton ci-dessous) : tu l'ouvres depuis tes Fichiers, sans réseau du tout. Plus aucune connexion, donc plus aucune trace, et elle marche en avion.
  2. Ou ouvre cette page dans Onion Browser : la visite passe alors par Tor comme le reste.

Sur iPhone, le fichier se range dans Fichiers → Téléchargements. Ouvre-le de là : tout fonctionne à l'identique, catalogue et générateur compris.

Les 8 règles

Suis-les et il ne peut pratiquement rien t'arriver.

  1. Ne télécharge rien. Ni PDF, ni image, ni « logiciel ». C'est le vecteur n°1.
  2. Ne te connecte à aucun de tes comptes. Gmail, Facebook, ta banque : tu casses ton anonymat en une seconde.
  3. N'utilise jamais ton vrai nom, ni tes vrais mails, ni ton vrai mot de passe.
  4. Aucun paiement. Jamais. Ni carte, ni crypto, ni « juste pour voir ». Il n'y a rien à acheter là-bas qui soit pour toi.
  5. Sécurité au maximum dans le navigateur (JavaScript coupé).
  6. Vérifie l'adresse caractère par caractère — les 8 premiers et les 8 derniers. Les copies frauduleuses ne diffèrent que par le milieu.
  7. Pas de caméra, pas de micro, pas de photo. Refuse toute demande d'autorisation.
  8. Si une page te met mal à l'aise, ferme. Pas de curiosité. Certaines choses ne se « dé-voient » pas, et certaines sont un délit à la simple consultation.

Les 6 arnaques que tu vas croiser

1. Le faux site. Une copie parfaite d'un vrai, à une adresse presque identique. → Parade : la fiche du catalogue et son bouton « Prouver l'adresse ».

2. Le faux Tor Browser. Téléchargé ailleurs que torproject.org, il espionne. → Parade : un seul site de téléchargement.

3. « Ton téléphone est infecté, clique ici. » Aucune page web ne peut savoir ça. → Parade : ferme l'onglet.

4. Le service qui « double ton argent ». 100 % des cas sont des vols. → Parade : règle n°4, aucun paiement.

5. Le fichier « preuve » ou « catalogue ». C'est un virus, dans la quasi-totalité des cas. → Parade : règle n°1, aucun téléchargement.

6. Le chantage par mail. « J'ai filmé ton écran, paye. » Mensonge industriel envoyé à des millions de gens. → Parade : supprime, ne réponds jamais, ne paye jamais.

Si ça tourne mal

Tu as téléchargé ou installé quelque chose ? Ferme le navigateur, supprime le fichier, et dis-le-moi — on regarde ensemble.

Tu as payé ou donné des informations ? Préviens immédiatement ta banque, change les mots de passe concernés, et garde les captures d'écran.

Tu es tombé sur un contenu criminel ? Ferme, ne télécharge rien, ne partage rien. Signalement en France/Monaco : internet-signalement.gouv.fr.

Ce que Tor ne fait pas

Honnêtement, pour que tu ne te croies pas plus protégé que tu ne l'es :

  • Il ne protège pas de ce que tu racontes toi-même (ton nom, une photo, un détail qui t'identifie).
  • Il ne protège pas si tu installes quelque chose.
  • Il ne rend pas légal ce qui est illégal.
  • Il est lent : c'est le prix des 3 rebonds, pas une panne.

Vérifie que tu as tout

6 questions. Réponds : je te dis pourquoi, à chaque fois.

Ton identité dédiée

La règle d'or : ce que tu fais là-bas ne doit jamais toucher ce que tu es ici.

Une identité séparée — un pseudo, un mot de passe, une boîte mail qui ne servent qu'à ça — c'est ce qui fait que même si un site est piraté demain, rien ne remonte jusqu'à toi. C'est de l'hygiène normale, la même que les journalistes et les chercheurs.

Tout se fabrique ici, sur ton téléphone. Rien n'est envoyé, rien n'est enregistré, personne d'autre ne le voit — moi non plus. Ferme la page et tout disparaît : copie-la avant.

Créer la boîte mail — 2 minutes

1
Va chez Tuta (ex-Tutanota, allemand, chiffré). C'est le seul grand service gratuit qui accepte encore une inscription sans numéro de téléphone, y compris depuis Tor. 📧 Ouvrir l'inscription Tuta
2
Utilise le nom d'utilisateur et le mot de passe générés ci-dessus. Ne mets aucun mail de secours, aucun numéro. Note la phrase de récupération qu'ils te donnent : sans elle, le compte est perdu pour toujours (c'est le principe du chiffrement).
3
Si l'inscription est mise « en attente de validation » (souvent 48 h quand on passe par Tor) : c'est normal, c'est leur anti-spam. Deux options : attendre, ou créer le compte depuis ta connexion normale puis ne l'utiliser que dans Tor ensuite.
4
Range la fiche dans ton coffre — tu en as déjà un. 🔐 Ouvrir mon coffre

Autres possibilités : Disroot (associatif, sans numéro) et Proton (mais Proton demande souvent un téléphone quand l'inscription vient de Tor — crée-le depuis ta connexion normale si tu le choisis). Riseup est excellent mais sur invitation seulement.

Les 7 règles d'étanchéité

  1. Cette identité ne sert QU'À ÇA. Une seule réutilisation ailleurs, et les deux mondes sont reliés pour toujours.
  2. Jamais ce mot de passe ailleurs, et jamais un de tes mots de passe habituels ici.
  3. Jamais ton vrai mail en secours, jamais ton numéro. C'est le lien n°1 qui trahit les gens.
  4. Seulement dans Tor. Si tu ouvres cette boîte mail depuis Safari une seule fois, ton adresse IP est enregistrée à côté du compte.
  5. Aucune photo, aucun document venant de ton téléphone : ils contiennent le lieu, l'appareil, parfois ton nom.
  6. Attention à ta façon d'écrire. On identifie quelqu'un à ses tournures, ses fautes, ses horaires. Fais court.
  7. Aucun paiement, jamais, avec cette identité comme avec l'autre.

Honnêtement : une identité séparée te protège des fuites et du recoupement. Elle ne te rend pas intouchable, et elle ne change rien à ce qui est illégal — ça, aucun outil ne le fait.

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